Sauri et Llessui, berceau espagnol des Marsal

Sauri et Llessui, berceau espagnol des Marsal

Llessui en val d'Aran

Le village de Llessui en hiver

C’est en Espagne que nous avons trouvé la trace de la famille Marsal. Charles, le patriarche, résidait dans le hameau de Sauri qu’un sentier de montagne reliait au village de Llessui perché à 1400 m d’altitude du côté du Val d’Aran et de la Principauté d’Andorre. Il fallait être rude et très amoureux pour crapahuter dans la neige au cœur de l’hiver pyrénéen. C’est probablement ce que fit souvent Charles pour aller rejoindre sa belle Marie à Llessui. De leur union naquit Antoine en 1843.
C’est dans le dictionnaire historique de Pascual MADOZ que j’ai trouvé une description de ce qu’était la paroisse de SAURI au milieu du 19ème siècle.

SAURI et MENAURI (paroisse espagnole en 1845).
Rattachée au district municipal de Llesuy, dans la province de Lerida (29 1/2 heures), Tri partie judiciaire de Sort (2 1/2), territoire d’audience et capitainerie générale de Barcelone (47 1/2), diocèse de Seo de Urgel (12). Situé au pied d’une haute montagne, appelée de Llesuy, à proximité d’un petit ruisseau, par temps froid exposé à tous les vents, et souffrant d’inflammations et de pneumonie(?). Il se compose de 13 maisons, d’une fontaine et d’une église paroissiale (San Victor) dont l’annexe est la maison de campagne Ilamade Menauri, située dans le terminus de la ville. Le curé est de première ascension(?) et est servi par un recteur et un bénéficiaire de sang. Il est bordé au nord par Llesuy, à l’est par Bernuy, au sud par Olp et Envin, à l’ouest par Capdella à quelques sources naturelles en plus d’un ruisseau qui s’est joint plus tard à d’autres rencontres à Rialp al Noguera Pallaresa. Le terrain est meuble, rocheux et couvert de forêt vers le Sud et l’Ouest qui ne produit que des pâturages: les routes locales et en mauvais état reçoivent la correspondance de Rialp par courrier express envoyé par les intéressés deux fois par semaine. Produits: seigle, pommes de terre, haricots et foin; élevage du bétail et de la laine; chasse au lièvre et à la perdrix et pêche à la truite. Population: 9 voisins, 97 âmes. Richesse imposable: 24 294 roupies, contribution: 44,48 pour cent de cette richesse.

Diccionario geográfico-estadístico-historico de España y sus posesiones de ultramar (1846-1850)Madoz, Pascual, 1806-1870
Crédit photo : www.llessui.com


Hastingues, berceau des Hayet

Hastingues, berceau des Hayet

Hastingues vu de la Sablière

Le village de Hastingues vu de la Sablière

Jusqu’en 1738, les Hayet ou parfois Haget ou Haïet, naquirent et vécurent dans les Bordes de Haut de Hastingues sur les terres de l’Abbaye d’Arthous. La maison mère s’appelait et s’appelle toujours « Ponchon ». En 1872 Jean BRIVET épousa Marie DUPORTUNE dite Cadette née à Arthous. Ils vécurent et moururent au Cam de l’Aïgue tout proche des Gaves Réunis. Leur fille Jeanne (ma grand-mère) naquit au Bérié d’Arthous, à proximité immédiate de l’Abbaye. Ensuite, la famille a rejoint Peyrehorade au quartier d’Igaas avant d’investir Bonnesort puis, beaucoup plus tard, Tournefeuille à Orthevielle. J’ai retrouvé la trace des hastinguots du 18ème siècle dans un ouvrage de Stéphane ABADIE.

Page 188/287 – 1751 – Délibération des habitants de Hastingues sur le partage des communaux avec l’abbé d’Arthous. Un Hayet parmi les signataires.

200/287 – 1752 – Approbation du partage entre les habitants de Hastingues des terrains communaux.
« L’AN MIL SEPT cens cinquante deux et le seiziesme du mois de septembre après midy, pardevant moy notaire royal et des temoins bas nommés en la ville de Hastingues et en assemblée generale de communauté convoquée aux formes ordinaires et au lieu où les assemblées capitulaires ont accoutumé de se tenir, ont eté presens et se sont personnellement constitués, SAVOIR …Pierre Hayet dit Rond ; Bernard Hayet dit Ponchon ;… »

209/287 – 1759 – Bail à rente de six arpents de terre inculte pour Jean PETRAU.
« A comparu aussi Bernard Hayet dit Ponchon laboureur habitant desdites Bordes[3] qui a ofert trois mesure et demy de froment et six mezures de blé d’Inde aussi sur ladite alternative. »

215/287 – 1766 – Mise en ferme du péage et passage fuvial de Hastingues.
« L’an mil sept sept soixante six et le vingt huit du mois de decembre aprés midy en la ville de Hastingues, au lieu où les assemblées ont accoutumé de se tenir, pardevant moy notaire royal soussigné, presents les temoins bas nommés, ont eté en personne sieurs Bertrand Maignon et Bernard Hayet, jurats[1] de ladite presente ville. »

239/287 – 1790 – Déclaration des biens de l’abbaye d’Arthous.
« Plus une paire de jeune boeufs entre les mains de Bernard Hayet autre fesandurier[2] à cheptel et dont tout le capital appartient aux religieux. »

Source : L’abbaye d’Arthous. Sources et documents. Auteur : Stéphane Abadie
Volume II. [Rapport de recherche] – Conseil départemental des Landes. 2017. halshs-02056639

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[1] Jurat : magistrat municipal ayant prêté serment. La maison des Jurats existe encore à Hastingues.
[2] Fesandurier : défnition non trouvée
[3] « Les Bordes » était un quartier bordant le village de Hastingues. « Ponchon » était le nom de la maison berceau de nos ascendants.

La maison mère de Ponchon datée de 1670

La maison mère de Ponchon datée de 1670

J’ai retrouvé Pierre Hayet dit « Rond » (1707-1777) et Bernard Hayet dit « Ponchon » (1698-1772) dans l’arbre généalogique. Ils étaient frères, issus de Jean HAYET et Marie DUPOUY. Le premier frère a eu 6 enfants, le second 13. Nous faisons partie de la descendance de Pierre.

Le site du village de Hastingues

Crédit photo : Jean-Louis HAYET avec l’aimable autorisation de Joël DARRICAU actuel propriétaire de la ferme de Ponchon.

Une vie bien remplie !

Une vie bien remplie !

Anselme

Anselme

Anselme Alexis Joseph MARSAL est l’arrière-grand-père paternel de Chantal DUFOUR et maternel de Claude MINVIELLE et Jean-Louis HAYET. Il naît au cœur du Gers du côté de Mirande de parents espagnols. Ceux-ci résident dans deux villages de montagne, Llessui et Sauri, situés non loin du Val d’Aran et de la Principauté d’Andorre. Sa naissance intervient en plein milieu de la 3ème guerre carliste (1872-1876). Cette dernière déclenche d’importants mouvements de population. Des familles entières franchissent les Pyrénées pour se mettre à l’abri en France. Durant leurs séjours, ils louent leurs bras (on les appelle « brassiers ») pour subsister. Pendant que les hommes travaillent la terre, les femmes mendient. En 1866, on ne trouve pas leur trace dans le Gers. C’est en 1872 que toute la famille est présente à Lagarde-Hachan(32). Il y a là le grand-père Charles et son épouse Marie, son fils Antoine et sa Justine ainsi que leurs enfants. Ils sont présents en 1876 avec Anselme né 2 ans plus tôt, ainsi qu’en 1881 mais absents lors du recensement de 1886. Ils reviennent une dernière fois en 1891. A partir de 1896 la migration cesse. Charles, grand voyageur, meurt solitaire à l’âge de 72 ans dans une maison de location de Lagarde-Hachan.

Durant ces 20 années, les jeunes font des conquêtes et s’installent définitivement sur notre sol. C’est le cas d’Anselme qui, âgé de 14 ans, engrosse une Marie gersoise de 9 ans son aînée ! La voilà, en deux coups de cuiller à pot, maman de notre grand-père Jules. L’année suivante, Anselme, décidément en forme olympique, engrosse à nouveau la bougresse et son deuxième fils Raoul apparaît. A 15 ans, le tireur d’élite n’était pas prêt pour assumer un rôle de père. Il laisse donc sa dulcinée s’occuper des marmots pendants 12 années. C’est en 1900 qu’il se décide à épouser la maman et à reconnaître enfin officiellement sa paternité qui figure désormais sur l’acte de mariage.

Deux autres bambins, Joseph et Maurice viennent agrandir la famille en 1901 et 1905. Quatre ans plus tard, Marie décède à Auch à l’âge de 44 ans au 37 rue Rouget de Lisle, apparemment seule.

Pour Anselme une autre vie commence. En 1912, on le trouve à Caux (34), il est maître de chai à Béziers tout proche. Cette année là, il fait la connaissance de Victorine alors jeune trentenaire mariée. Et, encore une fois, l’histoire se répète, Victorine donne naissance à Hubert. Les langues de peille du village prétendent que la paternité revient à l’incorrigible Anselme. Elles en veulent pour preuve le troisième pnom d’Hubert, Alexis, identique au deuxième prénom d’Anselme…

Victorine

Victorine

En 1914, il figure sur une liste d’hommes mobilisables à Caux mais finalement il échappe aux combats de la grande guerre. En 1920, il épouse à Caux Victorine veuve depuis deux ans. Au recensement de 1936, alors âgé de 62 ans, on le trouve avec Victorine à Neffiès(34). Il est ouvrier agricole dans l’exploitation viticole de la famille Marcorelles. Il décède l’année suivante au printemps 1937 à Néffiès. Victorine décède elle aussi dans ce même village en 1952.

R.I.P. Anselme !

Je remercie Jean-Pierre ROUX, arrière-petit-fils de Victorine, pour les photos d’Anselme et Victorine ainsi que les informations fournies sur les tribulations du couple.